vendredi 10 juillet 2015

Un ogre au ventre plat



C’est un ogre au ventre plat,
Un goinfre taille mann’quin
Qui goûte à tous les plats
Mais n’en digère aucun.
S’il ventile en ronflant
Une haleine étuvée,
Il baille en exhalant
Un air frais mais corsé.

jeudi 9 juillet 2015

La cantatrice chaude

Son allure mémère,
Son galbe généreux
Cachent un ventre creux
Qui couve des rivières.

Elle les fait danser
Sur une herbe de flammes
Et les siffle en nuées
Quand le ciel les réclame.

mercredi 8 juillet 2015

Pierre à tout



Un pouce qui fait des arabesques
Sur un fin lingot de lumière,
Une fulgurance qui traverse
L’ennui d’un moment ordinaire...
L’ennui de l’ici-maintenant
Du déjà vu, du déjà fait,
Et que l’on peut à tout instant
Sans état d’âme abandonner...
Car il est là l’ailleurs-toujours
A portée d’pulpe, à portée d’pouce,
Y’a qu’à frotter la pierre à tout
Et le lointain devient l’entour.

dimanche 5 juillet 2015

Génie physique



Elle a des yeux cœur de charbon,
Et pour souligner au crayon
Le galbe de ses paupières
Elle n’a qu’à en tremper la pointe
Dans ses iris toujours ouverts.

Elle a un nez très éolien
Petit aileron distingué
Fendant la brise et les ondées
Dont les narines de satin
Sont les senseurs de mes chagrins.

Elle a des seins flanc caramel
Qui vibrent à l’horizontale
Aux séismes de nos combats
Pour flamber à la verticale,
Poires braisées à l’hydromel !

Elle a un dos tapis volant
Qui flotte sous mes mains hantées
Et dans le velours de sa peau
Mes doigts fabriquent des rouleaux
Ecumant d’emgrains de beauté.

vendredi 3 juillet 2015

A la lisière du monde


J’émerge de l’océan primordial
Diaphane et lisse comme un désert.
Le temps passe et me couvre
Qui de savanes éparses
Qui de forêts denses.
Mes premières neiges sont conquérantes
Et irréversibles...C’est l’éternité
Qui m’apprivoise de ses flocons,
Qui me creuse et m’assèche,
Et m’offre pour la rejoindre
Ce frêle habit de sagesse.

jeudi 2 juillet 2015

La porte des âmes


Deux petits trous,
Un petit bout,
Au cœur d’un cercle
Tout rond tout rond,
Et d’un carré
Bien découpé
Au bas du mur
C’est sûr ! C’est sûr ?

Deux petits trous,
Un petit bout,
Ouverts à l’âme
Passe-muraille
De serpents noirs
Dont les corps souples
Le long du mur
S’étirent s’étirent...

mercredi 1 juillet 2015

Mille mots le disent

Au matin il s'érige,
A midi il se tait,
A minuit il triomphe.