lundi 9 septembre 2019
samedi 29 septembre 2018
De la parole au chant
Tu dis « tiens » en lui tendant cette rose, mais
si tu tiens la note du mot que tu prononces, tu offres aussi ton chant.
De la syllabe perpétuée, naît la mélodie.
Tu dis « tiens » en lui tendant cette rose, mais
si tu répètes plusieurs fois le mot que tu prononces, tu offres aussi ton
pouls.
De la parole scandée naît le rythme.
Tu dis « tiens » en lui tendant cette rose, mais
si tu accordes ton mot avec le sien, tu offres aussi ton chœur.
Du concert des voix naît l’harmonie.
samedi 11 novembre 2017
Tu marches sur le trottoir, au
bord de la route. Tu marches sur le trottoir, au bord des larmes. A l’intérieur
de toi, une vie liquide bouillonne, s'agite de houle. Toi, n’ayant que
tes yeux pour voir au-dehors et ta peau pour sentir au-dedans, tu sens l’eau
monter sous ton visage comme sous l’effet d’une lune invisible qui voudrait le noyer d’un océan de larmes.
"L’air de la ville"...
Il frotte ton regard à chacun de tes pas, il le nettoie. Il frotte
doucement et tu sens s’installer sous tes paupières une nappe chaude et humide
qui met entre tes yeux et le monde des lentilles de tristesse.
Et l’air te pèse. Il pèse de tout
le poids de sa colonne verticale sur l’angle de tes pommettes, il pousse tes
joues vers le sol, il écrase ton sourire. Tes paupières gonflées, tirées elles
aussi vers le bas, s’ouvrent un peu plus sur leur mer intérieure. Éclot sur ton visage une rosée de larmes.
Tu marches sur le trottoir, un bâillon
de ciel sur les lèvres, les yeux ouverts sur un océan.
vendredi 10 novembre 2017
Heures et Ors
Gobe-monnaie crache-papier tic-tac tic-tac,
Compte les mètres compte les heures, tic-tac tic-tac,
Capitaine innombrable en la ville des flux,
A la flotte amarrée à chaque coin de rue.
Compte les mètres compte les heures, tic-tac tic-tac,
Capitaine innombrable en la ville des flux,
A la flotte amarrée à chaque coin de rue.
vendredi 20 octobre 2017
Éminence dorée
Penchée sur notre épaule,
L’échine déjetée,
Tu œuvres derrière nous
Au lire et à l’écrire ;
Tu es en quelque sorte
L’éminence dorée
De nos heures silencieuses
Où l’homme, de ses yeux,
Ravive l’esprit des morts
En parcourant leurs mots,
Où l’homme, de sa main,
Une plume en son creux,
Avive l’âme des vivants
En y coulant son encre,
En y coulant son sang.
Tout ce que l’homme lit,
Ton œil l’a déjà lu,
Tout ce que l’homme écrit,
Ton œil le lit aussi.
D’ailleurs, qu’il se détourne,
Et nous voilà perdus,
Que ton regard s’éclipse
Et nous voilà aveugles.
Penchée sur nos besognes
Le dos toujours voûté,
Éminence dorée
De nos heures laborieuses.
dimanche 17 septembre 2017
On use de sa
vitalité selon son caractère. Certains la délayent de façon régulière, comme un
fleuve tranquille, sans écluse ni cataracte, avec une présence de chaque
instant dans les mots et les gestes. D’autres la gardent pour les moments de
panache et sont en état de veille le reste du temps. D’autres encore ne savent
que la contenir et n’en laissent filtrer qu’un mince filet tandis qu’une vie
bouillonnante reste en eux prisonnière.
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