mardi 16 juin 2015

Épitaphe d’un submersible



Né fluide et tiède
Dans un cube de plastique
Confiné.
Mort dur et froid
Dans un cylindre de verre
Au grand air.

lundi 15 juin 2015

Vibrante gestation



De ses creuses parois
Capitonnées de mousse,
Jaillit l’onde invisible
Qu’on boit les yeux fermés.
De sa bouche vibrante,
Disque tendre dans le bois,
Naît l’onde qui donne vie
Et qui meurt l’instant d’après.   

samedi 13 juin 2015

Un cyclope d'intérieur



C’est un cyclope d’intérieur
Qui n’en a que pour vos effets.
Donnez-les lui et vous verrez
Comment vibre et tourne son cœur,
Son cœur tout dur et tout troué,
Trempé d’eau sale et parfumé,
Pulsant, de sa timbale chromée
Le reste ingrat de nos journées.

vendredi 12 juin 2015

Fluide esprit des morts


Je suis né aux Enfers
Du mariage posthume
De l’algue et de la pierre,
Je suis fils des profondeurs
De la Terre et du Temps,
Fils de la fièvre aussi...

De mon berceau cambrien
A ma fougue jurassique,
J’ai jailli d’eaux paraliques
Où s’essouffle le flux,
Où se met en suspens
Dans une lagune tiède,
Dans un delta atone,
La pulsation du monde...

C’est dans cette tombe du temps
Où la mort semble vivante,
Que j’ai dormi des ères entières
Sur un matelas aquatique,
Sous un plafond combustible,
Bien couvé par ma roche-mère.

Puis l’Homme un jour m’a réveillé,
D’un trépans mal assuré,
Voici une pincée de siècles,
Il a percé ma chambre chaude,
Ce sépulcre fécond
Où je mijotais la mort
A longueur d’éternité.

mardi 9 juin 2015

Un passeur discret



C’est un passeur discret
Qui pour servir la lumière
S’habille d’obscurité.
Il est translucide et pourtant opaque,
Il peut cacher comme il peut montrer,
Servir de masque ou de phare...
Il est tout en surface
Et l’on s’abîme dans ses profondeurs.
Il nous absorbe et nous méduse,
Et l’on apprend beaucoup par lui
Quand on en sait si peu sur lui.
C’est un passeur hors pair
Qui d’un rectangle noir
Fait jaillir la clarté.

lundi 8 juin 2015

Répétiteur



Son corps composite
De métal et de polymères
Mange la pulpe des forêts
Boit la peur des océans.
Bien nourrie,
C’est une corne d’abondance
Au débit imperturbable,
Qui offre en fines tranches
Ses fruits des mers et des bois
A nos mains et nos yeux ingrats
Qui les consomment en silence.