jeudi 27 janvier 2011

Des poèmes pour briser le silence- 28 janvier

L’origine de ce jour sans but

qui au gré du vent de la vie

répand sur moi une lueur d’aurore

jamais n’est une perte mais un gain.

Cette succession de soirs

sans parfums, sans échos, sans couleurs,

qui fige mon imparfaite substance

jamais n’est une perte mais un gain.

Ce temps chargé de pauses

qui empêche mon amour de mûrir,

crépuscule en un lieu sombre

comme un interminable chemin

parmi des ombres qui s’allongent et tremblent,

jamais n’est une perte mais un gain.


Tony Guerrero (traduit de l'espagnol par Annie Arroyo)

Des poèmes pour briser le silence- 27 janvier

Cuando cierran

Cuando cierran la puerta de hierro
silbadores vientos de huracan
encima se me echan y me apagan
el candil, parpadeando en mis manos.
La celda se vuelve una laguna
en la que yacen palomas muertas
y por mi trepa su olor a espanto
como si las sombras me embistieran.
Con mi inofensivo corazon
desgarro el silencio congelado,
adelgazo ausencias prolongadas
hasta que la larga noche pasa
y todas las tinieblas se esfuman
envueltas en la luz matutina.


Antonio Guerrero

mercredi 26 janvier 2011

Des poèmes pour briser les silences: 26 janvier

Ce qui arrive
Ce qui arrive, c’est que l’injustice continue.
Ce qui arrive, c’est que je porte une boite noire.
Ce qui arrive, c’est que c’est moi qui le dis ;
Ce qui arrive, c’est que je voudrais que tu me croies.
Ce qui arrive, c’est que je vole sans angoisse.
Ce qui arrive, c’est que je secoue mes veines.
Ce qui arrive, c’est que deux soleils se croisent ;
Ce qui arrive, c’est que les pierres s’assombrissent.
Ce qui arrive, c’est que l’odeur n’est pas celle des champs.
Ce qui arrive, c’est que mes heures ont un maître.
Ce qui arrive, c’est que les murs se joignent.
Ce qui arrive, c’est qu’un frère sourit.
Ce qui arrive, c’est que dans ma poitrine naît
une sérénité et cela arrive.
Mardi, 26 janvier 2010

Tony Guerrero (traduit de l'espagnol par Annie Arroyo)

lundi 22 novembre 2010

Contre la démesure qui ronge le siècle

Seule l'affirmation du principe inconditionnel de commune humanité et l'institution conjointe d'un revenu minimum et d'un revenu maximum peut nous donner de vraies chances d'éviter la double catastrophe qui nous guette à brève échéance: celle d'une dégradation dramatique et irréversible de l'environnement naturel et celle du déchaînement de la guerre de tous contre tous.

Alain Caillé, philosophe, Libération, le 9 novembre 2010.

dimanche 14 novembre 2010

Paroles d'un prédicateur visionnaire

Entre le fort et le faible, entre le riche et le pauvre, entre le maître et le serviteur, c'est la liberté qui opprime et la loi qui affranchit,

Henri Lacordaire, 52e Conférence de Notre-Dame, 1848.

lundi 18 octobre 2010

Le cinéma: petit portrait d'un Art en demi-teinte.



"Le cinéma, c'est l'écriture moderne dont l'encre est la lumière"
Cocteau

Partons de ce magnifique aphorisme pour pointer les zones d'ombres d'un art qui, s'il joue avec la lumière, ne manque pas non plus de se brûler aux feux des rampes bien lustrées des industries de l'imaginaire.
Art collectif, art international, art pluri-technique, art multimédia: art total?
Rhétorique...
Le cinéma a le pouvoir d'aller porter ses feux là où l'oeil de l'homme n'ose pas s'aventurer (l'intolérable de notre présent ou l’irréversible de notre passé): c'est vrai...mais hélas, il a aussi la faiblesse de se complaire dans ces territoires sur-éclairés, que les phares des borgnes qui sont nos rois pointent avec application.

Loin d’aider l’homme à dévoiler le réel dans sa vastitude et sa complexité, le 7ème Art accompagne alors ceux qui voudraient qu’on soit captifs d’un imaginaire imposé, étriqué et docile!
Jusqu’à quand les stades, les commissariats, les champs de bataille, mettront-ils en scène des sportifs héroïques ou déchus, des policiers vertueux ou véreux, des soldats humanistes ou des victimes coupables? Jusqu’à quand cette dialectique stérile d’ombres muettes fera-t-elle spectacle aux yeux des hommes?

Jusqu’à quand l’encre de lumière viendra-t-elle s’échouer dans ces lupanars alanguis pour voyeurs malvoyants que sont nos salles obscures?...les bien nommées!

Point là de prophétie: le dénouement échoit aux spectateurs! Avec, à vrai dire, peu de suspense: c'est à qui du citoyen ou du consommateur, posera d’abord son séant dans les salles de demain!
Plus claire la lumière, plus sombre l'obscurité... Il est impossible d'apprécier correctement la lumière sans connaître les ténèbres.”
Sartre

vendredi 20 août 2010

Assis à leur bureau, dans l'ordre et le silence,
Regards et mains captifs d'un poste et d'un clavier:
C'est la transe muette du temps sacrifié
Sur l'autel d'une valeur où coule le sens.